17oct 2009
Potosi, Sucre, du 20 au 27 septembre
04:14 - Par Christophe - Tour du Monde - un commentaire
Petite semaine tranquille de repos et au milieu de la vie colorée et magnifique des boliviens du sud. Potosi est l'ancienne ville la plus riche du monde en raison de ses mines d'argent. Les filons épuisés, le presqu'El Dorado des conquistadors est maintenant une ville de misère dont les murs reflètent le prestige d'antan. Sucre (dites Soucré) est l'ancienne capitale de la grande Bolivie, celle de Bolivar, avant de s'être vu réduire le territoire par les pays voisins.
Mines de Potosi
Totalement inconnue pour nous en arrivant, Potosi a pourtant un passé de légende. Ville la plus haute du monde, l'argent fourni par les montagnes qui l'entourent ont financé pendant plusieurs siècles les conquêtes espagnoles du continent. On disait que l'abondance d'alors aurait permis de bâtir un pont d'argent jusque Madrid. C'est un lieu également célèbre pour le nombre incalculable d'esclaves incas et africains envoyés dans les mines pour une mort certaine par épuisement en quelques années.
Aujourd'hui les mineurs encore sur place disent trouver assez de métal pour un revenu supérieur à la moyenne du pays, dans des conditions qui n'ont pas changé.
L'usine de raffinement des roches extraites semblent loin des canons de sécurité que nous connaissons en Occident.
Nous tentons la visite d'une mine, réputée difficile et éprouvante. Un bon équipement et nous nous engouffrons dans ces couloirs maculés de gerbes de sang de lama et autre offrandes, à Tio, le diable lui même, dont la montagne est le territoire. 4m et 2h sous terre plus tard nous étions cuits. Littéralement. Nous avons visité 4 niveaux et la température devient infernale avec la profondeur. L'oxygène est plus rare encore qu'il ne l'est déjà à l'extérieur, à environ 4000m d'altitude.
Les couloirs sont irrespirables du fait de la poussière soulevée sous nos pas, ce qui est amplifié par toute activité minière. Le déchargement d'un chariot par exemple.
Pour être accepté sur leur lieu de travail nous avons amené quelques cadeaux, comme ce sac de feuilles de coca. Admirez la belle forme de la joue de ce mineur qui en mâche sur la photo. Ils font des journées de 8 voire 12h sous terre sans manger, ravitaillés en alcool, soda et feuilles de coca uniquement.
Notre guide était plutôt blagueur. Pour une démonstration d'explosion de dynamite, ce gros malin nous proposait le bâton une fois le détonateur allumé pour poser avec l'explosif dans la main pour une photo souvenir, avant de courir le déposer un peu plus loin et se mettre à l'abri quelques secondes avant...
Avec nous, Marcello, Jad, Andres, Joris et Jeffrey.
Il fallait bien pour nous remettre un joli cadre à apprécier. Ce que la ville permettait tout à fait.
L'attitude saine et bucolique des femmes boliviennes nous fait craquer. Mais peu acceptent d'être prise en photo. Nous volons celle ci :
Beaucoup de touristes sympathiques dans cette ville. Ambiance internationale chaleureuse dans les auberges de jeunesse, nous vivons des soirées animées au milieu d'une bonne dizaine d'autres jeunes des 4 coins du monde.
Sucre
Après un trajet en bus de 6h ayant entre autre intérêt celui d'être magnifique, nous arrivons à Sucre, ancienne capitale de la Bolivie, qui a gardé de cette époque une architecture d'ensemble magnifique et d'où nous allons pouvoir rayonner pour explorer un peu la région.
L'influence coloniale espagnole ne s'est pas reposée posant le pied ici.
Leurs descendants ont été moins inspirés quand ils ont édifié cette.. Tour Effiel.
Le musée des textiles de la ville, où les photos sont interdites (grr, mais que craignent ils ?) nous présentent la longue histoire des artisanats de la région, avec une démonstration ici d'une tisseuse Jalqa.
Le résultat est particulièrement bluffant. Cliquez sur cet exemple pour en savoir plus.
Une soirée particulière (malgré la puie) au milieu de la semaine dans l'auberge où nous étions : l'inauguration d'une nouvelle cuisine !
La jeune fille de l'hôtel a fait la cuisine : voici le pique macho, frites, boeuf, saucisses, tomates, oignons poivrons, mayo, ketchup...
Avec du vin, ça passe.
La cuisine du coin est très nourrissante, et colorée. En témoignent ces gâteaux à la crème..
Le marché ne fournit pas seulement des produits à faire fonctionner l'imagination, on y prend des repas dans une ambiance de cantine industrielle, bercés par les dialectes locaux.
Après 3 jours de calme en ville, nous sommes partis dans les alentours pour une journée bien chargée :
7 km de descente en vtt d'un sentier "inca".
Marche au milieu du magnifique cratère de Maragua, de 8km d'envergure, dont l'origine fait débat. Météorite ou mouvement sismique ? Le guide parlait même d'une origine extraterrestre (je lui ai dit bien sûr, une météorite est extra terrestre, mais sans être bien compris...)
Sortant de nulle part, un gamin nous propose des fossiles de mollusques pour une poignée de rien. Désolé chico, tes trouvailles valent de l'or, mais on voyage léger...
Bonne introduction cependant à l'attraction du coin, des empreintes de dinosaures parfaitement conservées dans une couche de sédiment dont l'apparition confirmerait l'hypothèse du tremblement de terre.
Ici celles d'un T-Rex.
Et là celles d'un diplodocus...Devait pas être commode, l'animal.
Étrange sensation tout de même que cette confrontation à immensément ancien. Sur la lancée Nathalie m'a laissé tenter un jeu vieux comme le monde (soldé par un échec lamentable) devant des demeures sans âge.
La surprise du retour fut de recontrer nos premiers moutons dans le pays ! Si différents de leurs cousins neo zelandais.
Le lendemain nous partons à quelques kilomètres à Tarabuco, fief de l'ethnie du même nom, qui accueille le plus grand marché du pays tous les dimanches.
Nous étions conquis d'avance, Le spectacle de la vie d'ici nous a comblé.
À court de place dans nos bagages, nous avons acheté un sac pour le remplir de toutes nos idées de cadeaux, ce qui n'a pas trainé. Je vous présente mon nouveau chapeau préféré officiel. Les couleurs de l'artisanat d'ici sont extras. Et les chapeaux ! Sur certains étalages, des graines, amulettes et faux billets servent d'offrande à Pachamama, la déesse terre-mère, vénérée ici dans un savant mélange avec le christianisme.
Ainsi s'achève cette semaine tranquille, avant de prendre le bus pour La Paz.
Toutes les photos ici.


















L


























un commentaire
wouou.. que d'aventures !!! (la mine, les dinos, un étrange repas ketchup-mayo!!)... de notre côté Clément révolutionne notre quotidien depuis 8j.. on a hâte de vous le présenter.. profitez bien de vos derniers jours de bourlingueurs.. grosses bises de la famille Dossier