La frontière n'est pas bien loin, dans la cahute des douaniers, des posters défraichis. Ils n'ont même pas regardés nos photos, et hop, un coup de tampon, nous voilà en Bolivie. Une carcasse de bus sert de toilettes.

Notre groupe de onze personnes se répartit en deux 4x4, nous partons avec Tiburcio notre chauffeur et Laurent et Mylène, un couple de français adorables. Dans l'autre 4x4, Renaud et Émeline, une autre Émeline et Lætitia et un couple de japonais. Trois jours à vivre 24h/24 ensemble, à cinq surtout mais aussi à onze. Chaleureuse ambiance, intimité toute naturelle, émerveillement partagé.

Le système "vroum vroum clic clic" (selon l'expression d'un ami tourdumondiste en vélo, moqueur de notre confortable 4x4) nous permet de passer un peu de temps à chaque arrêt-merveille. Il y a tant à voir là-bas :

# les lagunes aux couleurs laiteuses, océan ou rose surnaturel (la laguna Colorado), presque toutes peuplées de flamands que nous avons photographiés près de cent fois. Après les buffles d'asie, une nouvelle passion, seulement concurrencés par les lamas...

# les geysers, crachotant de l'épaisse fumée de cratères ocres et briques, ou laissant gicler des gerbes de boue de leur trou béant

# les sources naturelles à l'eau chaude délicieuse, quel bain grandiose dans un tel décor!

# le grand plat de sable désertique, seulement diverti par des roches biscornues, dignes d'une peinture de Dali, avec en fond de toile des crêtes et sommets bigarrés et des volcans en activité (en photo le volcan Ollague). Au sol, de bien curieux conglomérats de mousse en boule. La roche la plus connue est nommée l'arbre de pierre, et Christophe n'a pas failli à sa réputation de grimpeur, d'arbres et de pierre d'ailleurs...

La première nuit, nous avons dormi à 4700 mètres d'altitude dans une baraque-refuge où vivent quelques familles. Rencontres avec nos premières boliviennes, chapeau melon, longues nattes noires nouées en bas du dos, jupes bouffantes et collants de laine (pas faciles à photographier)

Nous avons passé la deuxième nuit aux portes du salar d'Uyuni. Un super terrain de foot, si grand, si plat, mais attention, courir à 3600 mètres d'altitude n'est pas si facile... Cactus dorés au petit matin.

Et le lendemain, nous y voilà, à ce fameux salar, la plus grand étendue de sel du monde (12000km²), épaisse croute sous laquelle repose un lac caché. Immensité blanche éclatante sous le bleu pur. Quelques reliefs à l'horizon, surement des centaines de bornes plus loin. Des îles en mirage. Et le sel, lisse, grumeleux, craquelé, partout. C'est fou, vraiment fou.Ca donne envie de sauter partout...

Avec une telle perspective, toutes les idées de photos rigolotes sont possibles.

De l'île Incahuasi aux milles cactus, nous prenons de la hauteur mais nous ne voyons toujours que ce grand blanc...


A l'autre bout du salar, la couche de sel est si fine que l'eau devient apparente. Hyper salée, évidemment.

A côte, ces petites pyramides illustrent l'exploitation du sel qui part tel quel se faire traiter à des centaines de bornes plus loin. Seule une petite partie de la production est techniquée sur place à Colchani pour la consommation locale, de façon assez artisanale...

Et puis il faut bien partir... Un dernier arrêt au cimetière de train à côté d'Uyuni, où Christophe fait son Indiana Jones.

A Uyuni, c'est l'heure de dire au revoir à Océana et à nos co-équipiers qui repartent au Pérou. Et nous, nous restons en Bolivie, le but étant de rejoindre Lima au Pérou par voie terrestre d'ici le 11 octobre. Une dernière photo dédicace à notre chère Océ avec qui ce fut un grand plaisir de voyager...

Toutes les photos ici.