Après cette découverte gustative, Christophe nous guide dans les rues de la capitale au travers des « wats » (temple-monastères bouddhiques).  Nous croisons quelques rares maisons coloniales, que l’on reconnaît assez bien à leur toit typique, balcons et colonnes (comme ici en arrière plan derrière les moines) :

Aucune règle ne semble encadrer la circulation, c’est l’anarchie totale. L’idée est en fait de ne jamais s’arrêter, klaxonner comme on respire, et si possible ne jamais devoir tourner à gauche. Les cambodgiens font des jolies brochettes sur les motos-scooters (ils sont parfois 5 voir 7 dessus), et on a même croisé un  éléphant-qui-se-baladait…

Pour se déplacer, nous choisissons le tuk-tuk sorte de palanquin moderne tiré par un scooter :

Nous retrouvons avec plaisir Nathalie, toujours aussi souriante, et partons dîner au « beer-garden ». Ce soir, j’ai 29 ans, je dîne d’un « lok-la k » et bois de la bière aux glaçons, la sono diffuse les derniers tubes khmers, Christophe et Nath nous raconte le Cambodge, peut on vraiment être plus heureuse ?

Nous finirons la soirée dans un karaoké, où je dois reconnaître que Christophe n’a pas fait semblant. Happy birthday to me.

Le lendemain nous continuons l’exploration de la capitale avec la visite des marchés. Pas toujours très hygiéniques, je traverse ces derniers souvent en apnée...

Ici une vendeuse en position de lotus qui découpe des morceaux de viande non identifiés (j’ai du mal à ne pas penser aux lok-lak d’hier…)

Un peu plus loin, le rayon poissonnerie :

qui jouxte les fruits et légumes, toujours une énigme de savoir comment les manger…

Nathalie nous rejoint dans l’après-midi et nous visitons la prison de Tuol Seng apellé aussi S-21. Ancien lycée, annexé par les khmers rouges, c’était un centre de torture dirigé par le tristement célèbre Douch (arrêté en 1998 et actuellement jugé dans le cadre du procès des khmers rouges), un des haut-responsables de Pol Pot au service du régime communiste des khmers rouges. L’histoire récente du Cambodge est complexe, violente et difficile à imaginer.

Ci dessous la carte qui montre le mouvement des populations : les villes ont été vidées de leurs habitants envoyés en « rééducation » dans les campagnes. 1.7 millions de personnes (soit 20% de la population) ont été tués pas le régime des khmers rouges en 4 ans (de 1975 à 1979).

Après cette visite sinistre mais nécessaire pour se souvenir, nous passons au stade olympique rejoindre la jeunesse cambodgienne qui vient ici chaque soir pratiquer la gymnastique au couché du soleil.

Le soir nous dînons dans un restaurant thaïlandais délicieux, encore un bon plan de Christophe et Nathalie…

Demain, nous partons pour 3 jours vers le lac du Tonlé sap. Nous avons loué une moto-cross (250 cm²) pour le plus grand bonheur de Damien, qui ne possède pas le permis moto, mais ici ce n’est pas un problème. Une petite carte de notre périple :

roadtrip.jpg

Nous quittons Phnom Penh vivant, ce qui m’apparaît comme un bon présage… et passons par de petites routes entre rizières et villages. Ici le danger vient des chiens et des vaches qui ont un comportement imprévisible et peuvent traverser la route à tout moment. Après 50 km, nous arrivons dans l’ancienne capitale OUDONG et rejoignons la nationale alors que le ciel devient méchamment menaçant…

Ça ne loupe pas et une grosse pluie se met à tomber et nous oblige à nous arrêter près d’une cabane, où une famille nous invite à nous abriter chez eux. 

Une heure plus tard la mousson s’arrête et nous repartons vers Kompong Chnang où nous déjeunons de nouilles frites dans une gargote de la rue.

Après un café et une noix de coco, nous repartons toujours vers le nord jusqu’à Pursat.

En sortant de la ville, nous repérons un barrage où les enfants se baignent et les adultes lavent leur moto : 

 

Les paysages sont ceux de la campagne cambodgienne: une immense plaine avec ces rizières vertes fluo, ses palmiers à sucre et parfois une colline isolée, comme un clou géant planté dans la terre. Des maisons, sur pilotis, et des buffles qui labourent ou se baignent dans la boue…

des paysans qui repique le riz

et des charettes d’un autre temps :

des vaches, toujours imprévisibles...

A Pursat, nous découvrons le « bamboo train »,  sorte de planche qui avance sur des rails grâce à un moteur électrique. En définitive le seul train du Cambodge puisque les chemins de fer ont été abandonnés au profit du développement des routes.

Nous visitons ensuite les villages flottant du Tonlé Sap sur un nouveau mode qui nous convient parfaitement à savoir : « moto-bato-dodo ».

une boulangerie :

le maraîcher :

la station service :

et même une petite église :

Magnifique petit village du bout du monde, où nous surprenons des « scènes de vie » quotidienne : ici une cabane où l’on joue au billard :

Et en attendant le billard, les gamins jouent quant à eux, aux billes :

Un cochon débarqué d’un bateau est aussitôt hissé sur le port bagages d’une moto :

Sur la route du retour, nous repassons par Kompong Chnang où nous faisons un tour sur une barque à rame. Christophe soulagera notre rameuse un petit temps…

toujours ses jolies scènes de vie, comme ces pêcheurs qui lancent leur filet :

et encore une fois le ciel se couvre d’un coup:

on aura bien deviné comment tout ceci s’est terminé :

bien sûr de la pluie si forte que je me dis qu’on va devoir écoper pour retirer l’eau qui tombe en trombe dans le bateau.

Notre escapade se termine par un retour de nuit, assez sportif quand il faut éviter les trous de la route… Le soleil nous a salué comme il se doit.

Orkun Christophe et Nathalie… Orkun pour votre accueil, votre gentillesse et vos sourires (les cambodgiens n’ont qu’à bien se tenir!), orkun pour vos bon plans, vos conseils, vos recommandations culinaires, orkoun enfin pour avoir partagé avec nous quelques jours de votre quotidien !

Dernière chose, "orkun" signifie Merci en khmer. Et ça se prononce à peu près "ah-koun".

Orkoun ' était bien au Cambodge…