La route en elle-même justifait le voyage : si changeante, de la plaine terre et eau des rizières en labours aux plantation d'hévéa et de poivre, jusqu'aux collines vert tendre du Mondolkiri, la nature était belle, si belle. 

Après le goudron des 3 premiers quarts du trajet en kilomètres, la terre et la boue nous attendaient, pour de longues heures de conduite attentive à 20 km/h!

Les exploits sans cesse renouvelés des cargaisons version hautes et larges nous offraient un spectacle amusant.

Les panneaux nous ont frappé aussi, signe que l'époque des armes omni-présentes n'est pas si lointaine (dans les années 90, il y avait un "porte-armes" à l'entrée de chaque hôpital).

Les pauses sur la route : pleins d'essence (dans les bouteilles en plastic ou un cylindre relié à une pompe)

et repas sympathiques dans les petits restos

A Sen Monoron, la "capitale" du Mondolkiri, nous avons logé dans un éco-lodge très sympa, tenu par un couple israélo-khmer amoureux des animaux, donc on avait droit au concert de coqs à 4h du mat' et au cheval dans le bungalow-resto au petit dèj! On y a rencontré des expat' américains, canadiens, néo-zélandais et anglais, en we comme nous, c'était bien sympa...

La "ville" n'est pas bien grande, on a pris le temps de discuter avec des personnes qui s'occupent d'une assoc' pour aider les minorités ethniques. Sinon, pas grand chose à faire dans la ville, à part acheter et manger des avocats, et aller voir les deux lacs.

Nous avons exploré les alentours en moto, et découvert en particulier l'immense cascade de Bu Sra, digne d'un grand parc américain...


Au retour, nous nous sommes pris une sacrée flotte...

Au départ d'un village Phnong (avec des magnifique maisons en paille), nous avons fait une belle balade à dos d'éléphant et parcouru des près verts tendres puis la jungle, jusqu'à une rivière couleur terre.

 

Notre cornac n'avait que 14 ans, il se débrouillait très bien avec notre éléphant qui avait pourtant envie avant tout de manger du bambou!

Christophe était tout recroquevillé dans l'espèce de panier, et avait mal partout, pas super confort, la balade! Moi  ça allait, c'est bien parfois d'être petite...

Une fois arrivés à la rivière, les éléphants sont relâchés dans la forêt le temps du pic nic, les pieds entravés pour qu'ils n'aillent pas trop loin. C'est très touchant de les voir libres, dans la nature, dans leur élément. Les cornacs se reposent en hauteur pendant ce temps.

Les Phnongs, la minorité ethnique de la région, ont un immense respect pour les éléphants avec qui ils entretiennent une relation d'amitié depuis toujours. Ils ont des règles, ne doivent pas faire travailler les éléphants plus de 4h par jour et pas plus de 20 jrs par mois je crois. Le reste du temps, les éléphants sont libres dans la forêt.

Puis vient l'heure du bain, ce fut un sacré spectacle. Les cornacs rentraient dans l'eau avec leur éléphant, les frottaient partout, même derrière les oreilles, et donnaient un petit coup de baguette pour que l'éléphant s'enfonce complètement dans l'eau. Du coup, on voyait des trompes sortir de l'eau par-ci par-là!

Puis, après avoir préparé à nouveau les éléphants, nous sommes rentrés par la jungle dense.

De retour au village (Phnong), la pluie a fait des siennes, au grand plaisir des buffles qui barbotaient dans la vase,

et des gamins qui s'amusaient dans les flaques...

Nous avons été invités dans une maison, avons échangé quelques phrases en khmer (mais seuls certains phnongs parlent le khmer...) et goûté l'alcool de riz gardé dans des jarres.

Du Mondolkiri, nous avons repris la route avec un autre couple de "motards" au début, sur la partie sans goudron, et avons rejoint des amis, Phaline, Sibylle et Jean-Noël à Kratie.

Le soir-même, nous avons fait un joli tour en vélo sur une petite île en face de Kratie, d'où on voyait un très beau village flottant,


puis admiré le coucher du soleil

 

et dévoré des double burgers!


Notre guest-house à Kratie donnait sur le marché, très animé. (remarquez les vendeuses en pyjama!)

Les bords du Mékong sont magnifiques ici : bancs de sable, eau large, bottes de paille, beaux villages et belles charettes...

 

Nous sommes rentrés par Cholon, petite ville paisible où la rivière Cholon rejoint le Mékong.

C'était l'époque des premiers labours (le signal étant donné par la fête du sillon sacré, où un représentant du roi dirige des magnifiques boeufs qui tracent un sillon devant le musée national et vont s'abreuver dans une des jarres déposées devant eux, le choix de la jarre prédisant la qualité de la récolte à venir...). Dans chaque étendue de terre et d'eau, un petit carré vert intense correspond aux petites pousses de riz, plantées très serrées, qui seront repiquées après dans la terre labourée inondée.

La moto ayant eu des petits problèmes techniques sur la fin, nous sommes rentrés en taxi collectif à partir de Kampong Cham, la moto.. dans le taxi bien sûr!!!