Phnom Penh du premier regard nous paraît colorée, animée voire un peu bruyante, mais jamais oppressante comme d’autres géantes asiatiques, PP n’étant d’ailleurs qu’une petite sœur et non pas une rivale. Quelques grands axes quadrillent l’espace, tranché du nord au sud par un large Mékong. Pasteur et Calmette sont côte à côte, au nord de la ville, le CIST à l’ouest.

Moi qui était venue en 2001, je ne reconnais pas grand-chose. Mes souvenirs sont flous, peut-être n’ai-je voulu voir à cette époque que le « folklore », mais je ne me rappelle pas de tout ce goudron, de ces voitures, stations essence, supermarchés, ni du dollar comme monnaie « doublon » comme ça l’est maintenant. Des milliers de scooters Honda se resserrent en rangs sur les trottoirs, en attente d’acheteur fébrile. L’hyper-consommation est bien là, l’attrait de ce qui brille aussi, mais quelles leçons pourrions-nous donner, nous occidentaux ? Au moins nous ne manquerons de rien, si l’envie nous prend d’un pastis, de fromage, de pizza, tout est possible... Héritage de l’époque française, des vendeurs ambulants vendent des baguettes, comme d’autres des sauterelles, des larves ou autres saveurs. Les marchés se parent de fruits aux mille couleurs, formes et odeurs. Les moines drapés d'orange sillonnent la ville en quête de nourriture, les vélos transportent des cargaisons de dix fois leur volume, oui l’Asie, oui nous la reconnaissons bien.

Ces premiers jours nous ont permis de découvrir nos lieux respectifs de travail et nos futurs collègues. Le CIST est une sacrée structure, avec une belle équipe de volontaires et un staff administratif et enseignant essentiellement local. Par hasard, le jour de notre arrivée correspondait avec la fête de départ du directeur. Nous avons ainsi vécu notre première soirée franco-khmer au resto puis dans un karaoké à trinquer, bavarder et danser en tortillant nos mains, pas facile le style khmer… Le lendemain, soirée entre « pasteuriens » et quelques « pièces rapportées » de Douleurs Sans Frontières et Pharmaciens Sans Frontières. Tout un monde, celui des expat’ et des ONG…

Notre vie quotidienne s’organise peu à peu. Nous sommes logés dans un foyer d’étudiants du CIST, à quelques mètres de l’école. Les jeunes avaient magnifiquement préparé notre chambre, ils ont même racheté des matelas car leurs premières acquisitions mesuraient 1cm de hauteur et le directeur du CIST leur a conseillé d’acheter plus épais… Nous sommes à la recherche d’un appartement et avons déjà quelques pistes. Côté transport, Christophe a acheté aujourd’hui une moto Honda XLR 250 qui nous permettra aussi de nous balader partout au Cambodge, vous imaginez comme il est heureux… Il a trouvé aussi de quoi se re-looker plus classique pour le boulot, les tenues « routard » étant banies. Le voici qui rentre tout juste du coupe-tif, une tête neuve pour un dollar avec rasage et massage du cuir chevelu en bonus !!!


Voilà pour ces tout premiers instants, nous nous laissons prendre la main par cette ville à apprivoiser, ce quotidien à construire, cette culture à approcher pas à pas, lentement, religieusement même. Nous sommes déjà neufs, enfants aux yeux grand ouverts, et adultes au regard lucide, critique et bienveillant.

Pas de tourista en vue et pas de cafards chez nous, tout baigne en bref !

Nathalie