Cet ouvrage date d'une période où j'ai beaucoup, beaucoup pris le train - 3 mois de stage à la SNCF, et à mi-chemin du cycle ingénieur de la modeste école dont je suis diplômé, j'étais encore curieux - et une cible facile pour les têtes de gondoles des rayons de la Fnac.

Il s'agit d'un recueil d'articles écrits par le journaliste Paul Robin Krugman au début des années 90 dans plusieurs journaux dont principalement Foreign Policy. Sorti en 96 et traduit en français en 2000. Le titre (La Mondialisation n'est pas coupable) n'est que le reflet de sa gentille provocation. D'ailleurs le contenu a une forme de conversation puisque sa tribune est autant composée de l'exposition de ses idées que de ses réponses aux réactions qu'elles suscitent. Et elles suscitaient beaucoup. Il s'agissait en gros de démonter l'idée que nous sommes lancés dans une compétition internationale. Ce serait faux et surtout pas propice à la pérennité d'un climat de paix entre les nations selon lui. Nos emplois ne sont pas menacés par les pays à bas salaires qui d'ailleurs sont en déficit commercial. Difficile de faire plus contre intuitif.

Le père du "Pop Internationalism" savait se faire comprendre. Et bien avant d'avoir un bagage minimum d'appréhension des concepts économiques, son sens de la vulgarisation, ses choix d'exemples et le caractère très actuel du sujet me l'a fait relire plusieurs fois. Ok la première devait me donner un genre, mais ensuite..

I would have to write essays for non-economists that were clear, effective, and entertaining.

P R Krugman

 

Et ce type, depuis dimanche, il a un Nobel.

Na !