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Carnet Web à 4 mains de Christophe et Nathalie Lerolle.

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Ladakh

Septembre 2007 : un mois passé au Ladakh, au nord de l'Inde. Treks et hauts sommets.

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31oct

Ladakh, la suite

Le tri des photos se passe doucement.

Une bonne partie se trouve maintenant sur ce site : picasaweb.com/nathalie.lerolle





29sep

Retour à Paris

Alors que, jeudi soir, Delhi nous offrait encore sa généreuse brume crémeuse et encombrée, sur Pahar Ganj et ses commerces,

le lendemain, une coïncidence de notre programme nous faisait passer la soirée à l'Opéra de Paris !

Le changement est radical, puisque nous sommes passés d'une situation où nous étions les touristes les plus visibles au milieu de la foule et des attentions - des racoleurs, taxis et vendeurs multiples... à une situation des plus chauvines puisqu' exaspérés toute la soirée par l'impolitesse du public de l'opéra Garnier. Qui des japonais, qui des allemands, qui des espagnols... à prendre la scène en photo au flash, à commenter les dorures, faire claquer le clapet d'un caméscope, quand ce n'est pas la banquette qu'on relève bruyamment pour aller voir ailleurs si la prise de vue vaut le coup.

Nous sommes allés voir Capriccio, de Strauss... (Cliquez sur l'image pour en savoir plus)

Nathalie m'a expliqué que ce serait proche de Wagner. Sachant que je n'en connais que la Walkyrie, je ne pouvais pas m'attendre à cette gentille comédie où un poète, un compositeur et un directeur de théâtre s'allient pour offrir un spectacle à une très jolie comtesse, tout en se chamaillant pour s'en attirer les faveurs. C'est une joute permanente d'opposition entre musique et parole, entre décor et profondeur.

Deux jours plutôt, nous nous divertissions devant ce film :

"Chak de !" signifie "Gagne !" en penjabi. Un Bollywood sans chorégraphies, avec la superstar indienne du moment, qui raconte la création d'une équipe féminine de hockey (sur gazon), qui s'entraine, joue et gagne la coupe du monde avant la fin du film. Il faut savoir que ce sport est très populaire en Inde mais souffre d'un déficit de licenciés parce que l'équipe nationale est d'un niveau déplorable (dernier match contre le sri lanka perdu 20-0 il y a deux semaines)... Pendant ce temps, l'équipe nationale de Cricket vient de gagner la toute neuve Coupe Twenty-Twenty [1] ! Mais ceci est une autre histoire.

C'est en tout cas un très gros succès !

Que raconter d'autre sur Delhi ?
Nous avons visité le Fort Rouge, et joué aux cartes.

Notes

[1] Coupe du monde du cricket à 20 contre 20

25sep

Delhi again

Le climat nous a permis de décoller, et nous voici à Delhi.

Le vol était incroyable... avec vue sur les cîmes dépassant des nuages ! Cette fois pas de difficulté techniques, pas d'essouflement ni mal des montagnes...

Malheureusement les photos sont interdites dans l'avion, pour d'obscures raisons sensibles et militaires. Nous sommes en compagnie d'Antoine et Claire, en transit pour la Thaïlande, jusqu'à vendredi matin, avant notre retour en France.

Delhi est toujours aussi crade, grise et polluée. On devrait aller au ciné ce soir, et se trainer dans quelques musées demain.

24sep

Stok Kangri, 6121m!

Sur ce panorama digne d'une étiquette evian, photographié depuis notre terrasse, on aperçoit sur la droite le Stok Kangri, le plus haut sommet du coin.

On l'aura donc vu et rêvé souvent, ce sommet, aperçu en bonus du col du Ganda La (rando précédente)...

Samedi 22 septembre, à 6h50, au terme d'une ascension de 4h30, nous y étions!

Ca n'a l'air de rien, mais il nous aura fallu vivre :

  • une longue journée d'approche au camp de base,
  • un lever outrageusement matinal (2h du mat', c'est pas des vacances, ça!),
  • les tracas de l'altitude (maux de tête et essouflement comme si l'on courrait un sprint à chaque pas),
  • deux nuits glaciales,
  • la torture psychologique de voir des marcheurs renoncer en cours d'ascension,
  • la honte jalouse de voir notre guide galoper comme si de rien n'était!

Bref, "It was hard but it was great", comme l'on dira au retour pour encourager les retardataires...

Quel bonheur en effet d'être tout là haut,

quand les paysages se dessinent enfin,

que le sommet apparait si petit, décoré des inévitables prayers flags,

et que l'on peut admirer plus bas de nuages de neige se jouant des rayons et des flocons scintillants...

On est alors bien loin de la vie parisienne, de ses folies, des joeurs de poker en ligne, du boulot quotidien, de l'hopital et des fonds d'investissements...

Le retour, au soleil et en 3h, nous permet de découvrir ce que nous avons gravi dans l'obscurité, alternance d'éboulis et de neige,

et montée raide, raide...

Depuis un col sans nom,

Photo kéké inévitable devant le SK.

Le lendemain au réveil, dimanche 23 (Bon anniversaire Caro !), on découvre qu'on a eu plutôt de la chance pour le temps ! S'il avait neigé comme ça le jour même, la montée aurait été annulée...

Descente avec 4 autres grimpeurs, deux autrichiens, une anglaise et un américain.

L'un des autrichiens est monté au sommet avec un thermos de café (Not a real top without coffee) tandis que le ricain (de l'Oregon) portait une chemise et un pantalon de costume pour poser tout en haut !

Aujourd'hui repos et internet. On prend l'avion demain matin pour Delhi si le temps le permet, pour un retour prévu vendredi.
Fini le Ladakh...

24sep

6 jours dans la Markha valley

La vallée de la Markha est l'un des treks les plus fréquentés et les plus chouettes. L' itinéraire tourne autour du massif des Kangri (Stok Kangri, Golep Kangri...) et propose des décors très divers, dès le premier jour.

Au Ladakh, les noms de col se terminent par "la". Ici, le Ganda La (4900m).

Avec beaucoup de vent.

Vue sur le Stok Kangri.

Descente vers le cours de la Markha.

Nathalie trouve des fleurs à sa couleur.

Le deuxième jour, après de longues gorges étroites,

la Markha Valley itself, pour trois jours.

Les peupliers s'appellent ici "spring tree", bien qu'ils portent des couleurs d'automne.

Les décors fabuleux nous étonnent. Parfois, les constructions de shortens nous paraissent aussi naturelles que les falaises qui les surplombent.

On peut trouver, après plusieurs jours de marche, une activité humaine surprenante, dans des villages perdus.

On quitte la vallée via Tachuntse, puis Nimaling, de très beaux sites en altitude, avec vue sur le Kang Yatse (6300m).

Voici le plus haut col de l'itinéraire, le Konmaru La (5200m), d'où la vue est superbe.

On découvre en descendant une belle roche rose

et une "porte" naturelle digne d'un décor d'Indiana Jones...

Les derniers mètres ne nous privent d'aucune couleur.

Sur le chemin, quelques bestioles sympathiques :

marmottes,

chamois (ils les appellent blue sheep)

et... des tas de yacks, dont plusieurs ont passé une nuit autour de notre tente!!!

Notre trek aurait été bien différent si nous n'avions pas eu la compagnie de Tundup, réfugié tibétain de 67 ans, notre horseman bon pied bon oeil,

nourrissant les chevaux,

faisant la cuisine,

chargeant les bêtes,

et très bon marcheur.

Un vrai papa, prenant soin de nous, le thé chaud sous la tente pour nous réveiller, et chantant des prières tibétaines toute la journée...

La dernière journée fut assez rapide et nous a laissé le temps de passer par Leh avant d'enchainer sur le trek suivant. Un lit et une bonne douche, quel régal!

Christophe


Ce fut donc 6 jours entre ciel et terre, avec un soleil délicieux et le luxe de ne rien porter (merci les chevaux!).

A chaque étape, une nouvelle surprise de couleur, de forme, d'horizon, de sourire... A chaque pas, matière à s'émerveiller, des falaises vertigineuses aux rivières claires, des cols arides et délicatement enneigés aux "oasis" dorés des couleurs d'automne, du minéral au végétal, du rose à l'ocre, du vide à l'habité...

Le grand bleu à chaque réveil, la douceur de prendre son temps, les mêmes gestes répétés avant de se mettre en route ( faire les sacs et plier la tente, cuire les oeufs du midi et faire bouillir l'eau du jour, nourrir et charger les chevaux...), le pas lent et régulier mais qui nous mène loin, en silence rêveur ou en "papote", la pause du midi à l'ombre d'une tente-restaurant qui nous sert l'incontournable thé au lait, la chaleur qui monte, le plaisir d'être arrivés, le dilemme du diner (maggi noddles ou rice, thet is the question!), la bougie de 18h50 car la nuit est tombée, le dodo au son de la rivière et des clochettes des chevaux.

Voici notre quotidien de rando, si simple et si bon.

Avec la compagnie chantante et bienveillante de Tundup, qulques mots d'anglais en rayon (good, not good) et beaucoup de sourires, avec celle de nos deux chevaux courageux mais capricieux ( Christophe s'est même pris des coups de sabots dans les jambes!), et celle des villageois croisés sur la route, écoliers, moines et "agriculteurs".

On s'est bien régalés de beauté, bien reposés et bien musclés. Prêts pour la grande aventure du Stok Kangri, rêve d'altitude, de neige et de vent à gravir. Suite au prochain numéro. Et amitiés à tous.

Nathalie

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